Le huitième et dernier des Grands Débats de l’EHESS (1) a eu pour thème la question de la « refondation de l’université ». La parole est revenue aux principaux initiateurs du Manifeste « Refonder l’université » (2), également contributeurs de la revue du Mauss, dont le n° 33, récemment paru, porte le titre « L’université en crise : Mort ou résurrection ? » (3).
Alain Caillé (AC) annonce les deux volets de ce débat, consacrés respectivement au dernier numéro de la Revue du MAUSS, puis au Manifeste, qui en est la résultante. Il fait état de la réponse que Valérie Pécresse a donnée à ce texte, paru dans la rubrique Opinions du Monde (4) et de la réplique que les intéressés lui ont apportée via un communiqué de presse (5) contestant la réalité des « convergences » évoquées par la ministre entre sa politique et le projet des refondateurs.
Marcel Gauchet (MG) évoque ensuite l’esprit dans lequel ce manifeste a été rédigé et qui est lié au constat que le moment est désormais venu de reprendre l’initiative intellectuelle, après une première phase de mobilisation contre les décrets d’application de la loi LRU. Il est possible, indique-t-il, que ce mouvement avorte, que le gouvernement remporte une bataille, mais il n’aura pas pour autant remporté la guerre. Il souligne que c’est la première fois depuis longtemps que les universitaires se sont mis à réfléchir sérieusement sur les problèmes de l’institution universitaire. Chose étonnante, souligne-t-il, l’université est une institution très peu réflexive. On réfléchit sur le monde sauf sur l’université. On traite de tout sauf de soi et de ce qu’est la bonne organisation universitaire dans un monde en changement. Il conclut que c’est de cette inflexion dont nous sommes témoins en ce moment : le numéro de la revue du MAUSS et le manifeste en témoignent.








